La Grande Librairie du Mercredi 6 Mars 2019 : Jean Teulé, Mathias Malzieu, Josiane Balasko, Constance Joly, J.M Erre

Cette semaine, célébrons le loufoque, le cocasse, la fantaisie ! C’est idéal pour dire les grands tourments de la vie. Voici la preuve que l’on peut parler de tout… en faisant un pas de côté !

Jean Teulé nous offre une farce caustique et débridée : Gare à Lou ! (Julliard). Lou, 12 ans, possède un superpouvoir : elle est en mesure de faire tomber immédiatement les pires calamités sur la tête de tous ceux qui la contrarient. La voici enfermée dans un endroit secret en compagie de militaires hauts gradés qui entendent la transformer en arme absolue. Evidemment, rien ne se passe comme prévu…

Mathias Malzieu a gagné ses galons d’écrivain en décrochant le prix France Télévisions il y a quelques années pour son Journal d’un vampire en pyjama. Le musicien, chanteur du groupe Dionysos, nous embarque dans une nouvelle fantaisie délicieuse : Une sirène à Paris (Albin Michel) raconte comment un jeune homme au cœur brisé tombe amoureux d’une sirène retrouvée dans la Seine et soignée dans une baignoire... Conte moderne et poétique, ce roman est aussi une belle réflexion sur l’amour et la tolérance.

J. M. Erre excelle dans le genre particulier du roman loufoque et burlesque. Qui a tué l’homme-homard ? (Buchet-Chastel) est une brillante parodie de polar qui fera hurler de rire les amateurs du genre. C’est aussi une critique mordante des clichés en littérature (et notamment de la littérature feel-good dont on notera l’étrange absence sur ce plateau, mais comme c’est étrange…).

Josiane Balasko est sans conteste la grande et bonne surprise de la soirée : si les livres d’acteurs ne sont pas toujours réussis, celui de Josiane Balasko est un bonheur ! Jamaiplu (Pygmalion) est un recueil de huit nouvelles cocasses, étranges, fantastiques (dans tous les sens du terme !) où l’on croise des animaux qui parlent, des fantômes espiègles et des zombies affectueux…

Enfin, on peut parler de la dépression et de la maladie en évitant de prononcer ces mots et en choisissant l’angle du loufoque. C’est ce que réussit très bien Constance Joly dans Le matin est un tigre (Flammarion) : un chardon pousse dans les poumons de la petite Billie, 14 ans et menace de l’étouffer… La faute à sa mère, dont elle est si proche ? Hommage à Boris Vian, Raymond Queneau et Emily Dickinson, voici un premier roman qui montre que l’on peut tout dire pour peu que l’on sache choisir les mots et les métaphores.